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[1] Comment s'inviter gratuitement à une fête en 10 leçons

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Poilaupat




Age : 28
Inscrit le : 09 Avr 2008
Messages : 561

MessageSujet: [1] Comment s'inviter gratuitement à une fête en 10 leçons   Mer 14 Mai - 17:17

Poilaupat profitait du retour du beau temps pour se promener dans Nedmor. Ca faisait deux jours que la ville était plutôt calme niveau raid, et il appréciait de pouvoir de nouveau flâner dans les rues de la ville en toute sécurité. Il n’était pas le seul d’ailleurs, car les grandes artères étaient bondées. Une bonne partie de la ville s’y était donnée rendez-vous pour faire quelques emplettes avant le début de la belle saison. Les boutiquiers avaient d’ailleurs sorti leurs marchandises à l’extérieur pour attirer les passants et négociaient âprement les prix avec les clients. Partout autour de lui, des enfants courraient en riant, jouant à s’attraper ou faisant rouler des cerceaux de toutes les couleurs. Des groupes de jeunes filles en robes légères discutaient avec animation et gloussaient en rougissant quand de jeunes soldats aux armures parfaitement nettoyées pour l’occasion passaient devant elles, l’air faussement dégagé.

Bref, c’était le printemps.

Alors que le soleil commençait à lui taper un peu sur le crâne, le jeune moine avisa une taverne plutôt accueillante qui possédait une large terrasse abritée par une tonnelle en vigne vierge.

- Voilà qui est un parfait endroit pour dépenser ses dernières pièces.

Il s’installa à une table bien ombragée, étendit ses jambes et attendit patiemment que la serveuse vienne prendre sa commande. Ce faisant, il remarqua une affiche placardée sur un mur en face de lui.



- Tiens, tiens. Voilà donc la fameuse surprise dont on nous a parlé…, se dit Poilaupat. Bonne idée. Ca fera du bien de nous changer les idées après cet hiver pourri. Open Bar en plus !! Humm…Le seul problème, c’est les cinquante pièces d’or…

Le moine fronça les sourcils en réfléchissant, puis soudain un sourire s’épanouit sur son visage.

Rien ne pourrait jamais l’empêcher d’aller à une soirée Open bar.

*-*-*-*

Le soir venu, la taverne des Mercenaires et Miliciens, bien que récemment ouverte, était pleine de monde. L’évènement avait attiré les curieux. Comme il faisait très chaud, les fenêtres et la porte de l’établissement étaient restées ouvertes si bien que le bruit et la musique s’entendaient jusque dans la rue. A l’intérieur, sous une lumière tamisée et dans une atmosphère saturée de fumée de Cham, les rires fusaient, les choppes s’entrechoquaient et les chansons étaient reprises en chœur. Tous les ingrédients d’une fête réussie.

Pourtant, un homme entre deux âges près du comptoir semblait passablement énervé.

- Pour une fois que la sorcière et les gosses sont partis chez la belle-mère et que je suis enfin tranquille pour une soirée, pas moyen de lever la moindre belette, grommelait-il entre ses dents.

Il était près d’abandonner la partie et de rentrer chez lui seul quand il aperçut dans un coin sombre du fond de la salle une magnifique chevelure brune surmontant des formes avantageuses. Il ne voyait pas son visage car elle agitait un éventail devant elle avec coquetterie, mais son instinct lui soufflait que la chance lui souriait enfin. De plus, détail important, l’apparition était seule à sa table…

Il s’approcha rapidement pour ne pas de faire doubler par un de ces jeunes godelureaux qui remplissaient le bar et aborda la jeune femme.

- Ma chère, je vois que vous êtes seule. Puis-je ? demanda-t-il en saisissant une chaise.

Son interlocutrice agita vigoureusement son éventail.

- J’attends quelqu’un, répondit-elle d’une voix étrangement aigrelette.

Le vieux beau ne s’avoua pas vaincu pour si peu.

- A cette heure ? Je suis sincèrement navré, mais je crains qu’il ne vienne plus… Pardonnez-moi ma franchise, mais c’est un véritable imbécile d’avoir laissé seule si longtemps une si jolie créature. Cependant, je lui pardonne volontiers puisque cela me permet de profiter de votre compagnie à sa place.

- Mais… commença à protester la demoiselle

- Tututu ! la coupa l’homme avec un sourire mielleux. Je me fais un devoir de vous faire oublier le comportement de cet indélicat.

Et il s’assit. Se faisant, il fit un signe à l’aubergiste, dénommé Thog.

- Laissez moi vous offrir un verre…

- Les consommations sont gratuites ce soir, répliqua la femme d’un ton cinglant.

L’homme eu un sourire crispé, mais se reprit bien vite.

- Qu’est-ce que je vous sers mes braves gens, demanda Thog qui était arrivé près de leur table.

- Puis-je me permettre de vous conseiller leurs merveilleux cocktails à base de fruits et de…

- Une choppe bien tassée d’ Arrachgozier !

Les deux hommes firent des yeux ronds.

- Euhh, vous êtes sûre M’dame ? Parskeuh… c’est un peu fort comme boisson…

Regard sans appel de l’intéressée par-dessus son éventail.

- Bien. Comme vous voulez, céda l’aubergiste. Et pour vous ?

- Eh bien…La même chose.

Le temps que leurs verres leur soient apportés, l’homme commença à lui sortir un baratin qu’il pensait bien rôdé, mais visiblement la femme ne lui prêtait aucune attention. Aussi, c’est avec un soulagement certain, qu’il vit arriver une serveuse portant un plateau rempli de verres.

Elle déposa deux énormes choppes devant eux.

- Eh bien, ma chère, fit l’homme en saisissant son verre pour trinquer, je bois à votre santé !

La femme ne lui accorda même pas un regard, prit son propre verre, le porta à ses lèvres et l’engloutit d’un trait sous le regard sidéré du Casanova.

- Oh, pauvre créature ! Vous cherchez à noyer quelque chagrin dans l’alcool n’est-ce pas ? Mais ne vous en faites pas. Je suis là maintenant. Laissez moi vous consoler…

Se faisant, il avait approché sa main de celle de la Dame mais celle-ci le repoussa d’un violent coup d’éventail sur les doigts.

Nouveau sourire crispé.

- Putain, elle m’a fait super mal la conne, pesta-il intérieurement. En plus j’ai vu sa tête quand elle a baissé son éventail de merde et y a vraiment pas de quoi fouetter un chat. Elle s’est maquillée avec un balais ou quoi ? Mais elle a beau faire sa farouche, si elle continue à boire comme ça, elle me tombera dans les bras sans que je n’ai rien à faire. On va voir qui est le plus malin.

Il vida donc son verre à son tour et fit signe à l’aubergiste de les resservir.

Six tournées plus tard, elle tenait toujours debout tandis que lui commençait sérieusement à bégayer. Sentant qu’il fallait agir rapidement avant d’être totalement ivre, il joua le tout pour le tout. Il se rapprocha brusquement d’elle, cherchant à l’embrasser tandis que sa main se dirigeait vers ses formes rebondies, qu’il n’avait cessé de regarder en coin toute la soirée.

- Ahhhhh !

C’était l’homme qui avait poussé un cri, quand un melon sorti de nulle par roula sur la table et s’écrasa par terre. Il cligna des yeux, hébété et tenta de comprendre. Il regarda la poitrine la femme et constata que le coté gauche avait très nettement diminué.

- Ahhhhh !

L’homme poussa un deuxième cri, quand son cerveau comprit enfin de quoi il retournait.

Alertés par le raffut, le service d’ordre arriva promptement.

- Qu’est ce qui se passe ici ? demanda Archange

Incapable de parler l’homme, poussait des petits cris en montrant frénétiquement l’autre du doigt.

Soudain, vive -ou plutôt vif, comme l’éclair, la fausse femme bondit vers la sortie. Archange tenta de la saisir par les cheveux au passage, mais il se retrouva avec une perruque dans la main. Un client un peu moins éméché que les autres tenta de s’interposer, et reçut un melon en pleine figure. Finalement, réussissant à atteindre la porte, elle s’enfuit dans la nuit, laissant le Casanova affronter seul les moqueries et quolibets de l’assistance hilare.

*-*-*-*

Le lendemain, Poilaupat devait passer au QG de mercenaires pour affaire. Il y rencontra Maldoror.

- Tiens, dit celui-ci, on ne t’a pas vu hier.

- Non, je… j’avais quelque chose de prévu. Je n’ai pas pu me libérer.

- Dommage. Tu as loupé une bonne soirée et un évènement des plus cocasses.

Le moine était mal à l’aise. Il rassembla rapidement ce qu’il était venu chercher.

- Ah oui ? Euh… qu’est-ce qui s’est passé ?

- Eh bien, un vieux a essayé de draguer une jeune femme alors qu’un fait c’était un homme !! Il s’est payé la honte de sa vie !

- C’est pas vrai ?

- Si. Si. Je t’assure. Tu as vraiment raté un truc !

Poilaupat commença à se diriger vers la sortie.

- Bon ben je vais y aller moi. J’ai pas mal d’occupations pour aujourd’hui. A plus.

- Avant de partir tu devrais te débarbouiller un peu !

- Hein ? De quoi tu parle ?

- Oui, fit Maldoror en clignant de l’œil. Il te reste un peu de fard sur les paupières.
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